Romaine Jean

«Nous sommes souvent sensibles à la lutte contre le cancer, parce que la maladie a touché un proche. Nous devrions l’être en tout temps, car qui peut dire qu’il sera épargné? Le cancer se guérit parfois mais il laisse encore trop peu de chance à la vie. En dix ans, il a frappé deux fois mon entourage, mon univers. Mon compagnon de vie et une amie ont été emportés en quelques mois. Tous deux étaient dans leur cinquantaine. Tous deux avaient des enfants, des amis, des projets. Tous deux voulaient vivre. Depuis, je sais ce que signifie ces moments où l’espoir n’est plus permis. Je vis avec le souvenir de ces instants, bouleversants, où l’on sait que le regard de l’autre va s’éteindre. La nostalgie n’est pas un sentiment triste. Elle baigne dans l’amour. Ces présences sont un accompagnement de tous les instants. Mais qu’il serait beau de pouvoir dire un jour que le cancer est vaincu.»