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L'immunothérapie

Si les premières tentatives d’immunothérapie ont eu lieu à la fin du XIXe siècle, il est certain que c’est au XXIe siècle que l’immunothérapie va s’affirmer comme l’un des traitements majeurs contre la maladie cancéreuse.

Elle devient possible grace à la compréhension des interactions entre les cellules cancéreuses et le système immunitaire. Ce dernier a la faculté de reconnaître les cellules tumorales, les organismes infectieux et viraux.


Utilisation d’anticorps monoclonaux pour le traitement des lymphomes.
La cellule tumorale maligne présente à sa surface des antigènes appelés CD20. L’anticorps (appelé Rituximab) reconnaît spécifiquement cet antigène. En se liant à l’antigène, l’anticorps peut directement causer la mort cellulaire,  ou indirectement par l’action de certains globules blancs.

Le système immunitaire possède tout un arsenal de cellules qui peuvent reconnaitre, puis détruire les cellules cancéreuses ou les pathogènes intracellulaires.

La plupart de ces cellules sont des globules blancs, notamment des lymphocytes B et des lymphocytes T. Ces lymphocytes ciblent les tumeurs en reconnaissant leurs antigènes tumoraux, découverte majeure des années 1990.

Les nouvelles stratégies thérapeutiques se fondent sur ces mécanismes.

Les anticorps monoclonaux
Grâce aux techniques de génie génétique, il est aujourd’hui possible de produire des anticorps monoclonaux en grandes quantités ayant toutes les caractéristiques idéales pour être actifs.

Ils sont en effet humanisés, reconnaissent les antigènes qui se développent à la surface des cellules cancéreuses et ont une meilleure capacité de pénétration dans les tumeurs. Ils sont souvent utilisés comme support à un radio-isotope ou à une toxine pour augmenter leur capacité à détruire des cellules tumorales.

Depuis quelques années, les anticorps monoclonaux sont couramment utilisés dans le traitement de certains cancers, comme les lymphomes ou le cancer du sein. D’autres applications se développent rapidement pour le traitement du mélanome, du cancer du côlon, du cancer de la sphère ORL ou du cancer pulmonaire.

Les cytokines
La transmission d’informations d’une cellule à l’autre peut se faire, entre autres, par des cytokines.

Ces substances sont naturellement produites par les cellules du corps pour accroitre ou inhiber le développement, la croissance ou l’activation d’autres cellules.

Ainsi dans le système immunitaire, les cytokines jouent un rôle majeur au niveau de la réponse immune; une cytokine appelée interleukine-2 est par exemple produite par des lymphocytes T activés lors de la reconnaissance d’un pathogène.

Cela conduit à une cascade d’activations d’autres lymphocytes et à leur prolifération. On connaît maintenant plusieurs centaines de cytokines mais pour l’instant, un petit nombre, moins d’une vingtaine, sont utilisées en clinique.

Dans les thérapies anticancéreuses, c’est surtout l’interleukine-2 qui a été utilisée, principalement pour le traitement du mélanome ou du cancer du rein, avec des résultats très encourageants. Cependant, la toxicité de certaines cytokines a limité pour l’instant leur utilisation plus générale.

Les vaccinations
Les vaccinations ont traditionnellement été développées pour prévenir une infection bactérienne ou virale.

Dans le cadre de la maladie cancéreuse, il s’agit plutôt d’activer le système immunitaire pour qu’il puisse reconnaître et détruire plus efficacement les cellules tumorales.

En effet, ces dernières ont de multiples moyens d’échapper à la surveillance du système immunitaire. Par exemple, elles ne présentent pas, ou seulement partiellement, les antigènes tumoraux, elles empêchent leur reconnaissance par les lymphocytes T ou sécrètent certaines substances inhibant le système immunitaire.

Le but de la vaccination est de réveiller efficacement ce système endormi.

De multiples techniques ont été testées et certaines sont encore en développement. Le principe de base est de choisir un ou plusieurs antigènes tumoraux présents sur la tumeur que l’on veut traiter et de les présenter au système immunitaire pour obtenir une réaction et une activation qui pourront alors se diriger directement contre la tumeur.

L’utilisation des vaccins comme thérapie antitumorale est un champ d’investigation considérable, mais la meilleure technique n’est pas encore connue. Cependant, certains patients atteints d’une tumeur rénale ou d’un mélanome cutané ont été traités par cette nouvelle approche thérapeutique avec efficacité.

L’immunothérapie cellulaire adoptive
Les globules blancs sont les principaux acteurs de la défense immunitaire; il est donc logique de les utiliser directement comme arme thérapeutique.

Dans les années 1980, on ne savait pas reconnaître aisément quels étaient les globules blancs les plus aptes à détruire une tumeur. Ainsi, plusieurs sortes ont été utilisées chez des patients; d’une part, les lymphocytes sanguins activés, de l’autre, les lymphocytes extraits de la tumeur.

Ces cellules étaient stimulées, puis multipliées ex vivo et enfin réinjectées avec de l’interleukine-2. Les résultats, bien que parfois impressionnants, n’ont pas été reproductibles de manière fiable.

Aujourd'hui, on sait comment sélectionner uniquement les lymphocytes spécifiques capables de reconnaître la tumeur. Ces derniers, également appelés «antigènes spécifiques», ont déjà été utilisés avec efficacité contre certains virus.

C’est ainsi qu’a pris forme l’idée d’appliquer cette méthode pour combattre les tumeurs.

Le but de Fond’action contre le cancer est de participer à la mise au point de cette nouvelle approche pour des traitements mieux ciblés et moins toxiques.

 
Vues rapprochées de l’interaction entre le lymphocyte T tueur et la cellule tumorale. Grâce à son récepteur, le lymphocyte T (en bleu) se lie à la cellule tumorale (en vert), par l’entremise de l'antigène spécifique (peptide -en rose). Cette reconnaissance met en place des phénomènes d’adhésion entre les deux cellules. La stimulation d’un récepteur appelé Fas (fig. a) conduit ensuite à l’autodestruction de la cellule tumorale. Le lymphocyte T peut aussi libérer des enzymes qui vont creuser des trous dans la membrane de la cellule cancéreuse et provoquer sa mort (fig. b).